Où chercher des fonds pour ma start-up?

février 18th, 2009 Uncategorized One Comment

Lorsqu’on commence un projet, on a souvent bien vite besoin de se financer. Mais où trouver les fonds? À qui les demander? Comment être certain de ne pas trop perdre son temps?

 

La règle d’or: bien identifier les acteurs du financement, leurs attentes et ce qu’ils recherchent. Au risque de perdre du temps et de la crédibilité.

 

Je pense qu’il y a trois types d’acteurs susceptibles de financer une start-up.

 

I - Le financement de proximité

 

Au tout début, vous n’avez pas de produit, pas de client, pas de brevet, juste une idée: une présentation powerpoint, un site démo, un Executive Summary et un Business Plan. Mais, pour développer votre produit ou votre service, vous avez besoin d’un peu de fonds, disons entre 10.000€ et 100.000€ maximum. À ce stade, vous avez deux possibilités pour vous financer: le “love money”, c’est à dire l’argent de ceux qui vous aiment (et non de ceux qui aiment l’argent :), ou bien un business angel que vous pourrez trouver par votre propre réseau.

 

L’argent de ceux qui vous aiment, c’est celui d’un ami ou d’un membre de la famille qui a une entière confiance en vous. Vous pouvez aussi organiser des réunions avec tous ceux qui sont susceptibles de vous financer (ou bien utiliser CapAngel :). Chacun investira un peu, selon ses moyens.

 

Qu’est ce qu’un “business angel”? C’est une personne physique, un particulier, qui va placer une partie de son épargne dans des jeunes sociétés, au lieu de le placer en Bourse par exemple. Son critère principal sera l’affect qui va se créer entre vous et lui. Pour le rencontrer, il n’y a aucune recette miracle, il faut être au bon endroit au bon moment :)

 

NB: notez bien qu’à ce stade, il est peu probable que vous intéressiez des réseaux de business angels qui cherchent des projets levant plus de 100.000€ et qui ont déjà des premiers clients. L’approche des réseaux de Business Angels est plus objective et analytique.

 

À ce stade, vous devez donc rester focus sur la recherche de financement de proximité.

 

II - Les réseaux de business angels

 

De façon à se créer plus de visibilité, et fédérer plus de moyens, les business angels sont souvent organisés en réseau. Un réseau de business angel est en fait une association dont les membres vont se regrouper pour sélectionner les projets candidats. Ils recherchent souvent des projets qui sont trés proche de la commercialisation, ou qui viennent de débuter. Les financements alloué sont en général supérieur à 100.000€, disons entre 150.000€ et 400.000€ en moyenne.

 

La plupart du temps, le processus ressemble à celui-ci: vous devez prendre un premier contact avec l’un des membres de l’association pour une pré analyse. Si vous êtes convainquant, vous passerez devant un comité composé de 10 à 50 business angels membres du réseau pour un “elevator pitch”, c’est à dire une courte présentation d’environ 10mn. En général, environ 50% des candidats sont sélectionnés pour l’étape suivante. À ce moment là, on désignera un ou deux instructeurs qui rentreront dans les détails du projet, vous suggérerons des améliorations en vue d’une présentation plus longue devant un comité plus important. À la suite de cela, si votre projet intéresse un nombre de business angels suffisant, vous entamerez les négociations: conditions du pacte d’actionnaire, valorisation.

 

Comptez environ trois à six mois entre la première prise de contact et le versement effectif des fonds.

 

C’est à ce stade que vous risquez de tomber dans un piège typique: passer tout son temps à chercher des fonds, au détriment du développement du produit. Une solution simple serait de déléguer une seule personne de l’équipe chargée des relations avec les investisseurs.

 

III - Fonds d’amorçage et Capitaux risqueurs

 

Ces acteurs sont intéressants lorsque vous avez quelque chose de déjà trés abouti. En général, ils investissent dans des projets qui ont déjà un retour d’expérience d’un à deux ans et des résultats déjà très prometteurs. Dans certains cas, il peut arriver qu’ils investissent au stade de développement du produit (surtout les fonds d’amorçage), mais à condition que vous ayez déjà déposer un voire plusieurs brevets. En tous les cas, ils cherchent à investir 3 à 4 millions pour une sortie en 5 ans avec un multiple de 40 environ. Il faut donc que votre business plan puisse raisonnablement prévoir un chiffre d’affaires de 20 à 30M€ au moins à horizon 4 ou 5 ans. Ils aiment bien aussi siéger au Conseil d’Administration (au “board”), voire être majoritaire.

 

Les VC et fonds professionnels sont en général financés par des acteurs institutionnels importants qui cherchent qu’une chose: la rentabilité. Mais dans la période actuelle où les liquidités sont rares, les fonds d’investissement ne font que trés peu de nouveaux investissements et se concentrent sur la gestion des sociétés en portefeuille.
En définitive, retenez qu’il faut bien sélectionner sa cible lorsqu’on cherche des fonds, et que se tromper risque de vous faire perdre du temps et de la crédibilité.

 

Et en cette période difficile pour la finance, il me semble que les financements de proximité sont ceux qui doivent être recherchés en priorité. Mais comme d’habitude, prévoyez bien à l’avance, histoire de ne pas vous retrouver à court de cash et d’accepter des conditions…inacceptables.

Bookmark and Share

Tags: , , , ,

  • ARMAND Wrote:

    Bonjour,

    En marge de mon activité professionnelle (je dirige un cabinet d’expertise-comptable et d’audit et de conseil, notamment dans l’accompagnenemnt des start-ups http://www.jcarmand.com) je suis actionnaire-fondateur de NOVARIS, société de business angels (SIBA) finançant des start-ups dans le domaine des NTIC

    Par rapport à ce qui est dit ci-avant, il y a des points qui sont exacts. Certains sont à nuancer (INSTRUCTION), d’autres constituent à mon avis des contre-vérités (BP, AFFECT ET BA)

    TEMPS D’INSTRUCTION

    1) Effectivement, les instructions de dossiers sont chronophages, tant pour les porteurs de projets que … les investisseurs. Dans ces conditions, plusieurs suggestions que je soumets à la sagacité des brillants cerveaux de PARIS TECH.

    En premier lieu, les fonds de business angels et les BA privés travaillent de plus en plus en co instruction pour mutualiser les risques opérationnels et financiers. NOVARIS coopère avec d’autres fonds. En conséquence, s’arranger pour qu’une SIBA soit leader sur le projet.

    Deuxièmement, bien préparer votre dossier avant de se lancer à la “chasse au trésor” même vis à vis des BA (il faut toujours rester professionnel). En effet, les réseaux se connaissant (cf. ci-dessus), si un porteur de projet “rate son examen d’entrée” auprés d’un fonds ou d’un BA influent, cette information risque d’être communiquée aux autres fonds. Bref, il risque d’échouer à convaincre la communauté des investisseurs en phase d’amorçage ou de post amorçage.

    Enfin, contrairement à ce qui est mentionné ci-avant, je ne recommande pas du tout de déléguer. L’implication des animateurs-fondateurs est indispensable. La délégation pour moi peut se résumer seulement à la prise de rendez-vous. Sans l’implication des animateurs, le projet ne pourra convaincre la communauté des investisseurs. Bref, cela risque d’être contre-productif.

    j’ai recemment refusé un projet chez NOVARIS, notamment mais pas uniquement parce que l’actionnaire et animateur principal n’a jamais rencontré les investisseurs

    Vaut mieux bien préparer son dossier, bien s’organiser que de déléguer.

    AFFECT ET BA

    A une phase pu avancé d’un projet, l’empathie entre le BA et le porteur de projet est déterminante. Mais croire que les BA vont faire un chèque sur la base d’un coup de coeur serait mon avis une grave erreur. Il faut rester professionnel comme vis à vis des capitaux risqueurs. C’est autant l’intéret des porteurs de projets que les BA pour éviter les pertes de temps.. Et puis les BA sont souvent des personnes aguerreis du monde des affaires….

    BUSINESS PLAN

    Bien sûr, il faut être ambitieux. Est vraiement indispensable de prévoir un CA de 20 à 30 M€? On peut tout faire avec EXCEL. Chez NOVARIS, on vient de financer un projet avec un chiffre d’affaires prévisionnel de 5 ans inférieur de 15 M€ et on étudie un projet avec un CA à l’horizon 2 013 de également de 15 M€. Et je pense que les VC n’ont pas une vision, sur le principe de celle des BA.
    A mon avis, tenir ce discours néglige deux points essentiels.
    tout d’abord, la crédibilité du (es) porteurs de projets. Les investisseurs, (BA surtout peut-être un peu moins les VC) font essentiellement un pari sur une équipe, et non sur une organisation (à l’instar de ce qui peut se passer dans une reprise d’entreprise).
    Ensuite, c’est oublier que le chiffre d’affaires n’est pas synonyme de rentabilité

    MAJORITE ET INFLUENCE AUX CA

    Contrairement à ce qui est écrit, les investisseurs ne cherchent jamais en phase d’amorçace à être majoritaires.

    Car l’on démotive les porteurs de projets. Si implicitement, les investisseurs considèrent une prise de participation majoritaire, cela signifie que le projet n’est pas suffisamment avancé pour mériter une valorisation plus elevée. En dans ces conditions, ils ne financent pas le projet.

    En fait c’est le jeu des multiples levées de fonds qui peuvent conduire les fondateurs à être minoritaires et les investisseurs à être majoritaires

    RENTABILTE

    Oui les investisseurs cherchent la rentabilité, mais c’est oublier la prise de risque. Les porteurs de projets doivent prendre conscience deux choses. 1) même quand toutes les questions apportent une réponse satisfaisante, le projet reste énormément pour deux raisons 1° le marché va t-il s’approprier au rythme prévu l’usage de la technologie? 2°) les porteurs de projets vont-ils correctement gérer la croissance (notamment sur l’aspect management).
    Un multiple de 40 est totalement irréaliste sur 5 ans, car cela représente un taux de rentabilité de plus de 100. Les BA demandent 50% de rentabilité, ce qui représente un multiple de 7,5 à 5 ans. Et les VC ne peuvent pas demander plus à mon avis, puisque le projet est plus mature, donc moins risqué.

    Sauf cas particuliers, les porteurs de projets doivent avoir procédé à un début d’exécution du projet pour espèrer d’être financés